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ART, PAUVRE DE MOI par MICHEL MALIAREVSKY

Entré libre Michel Maliarevsky, photojournaliste, commente ses créations, celles de ses amis artistes ainsi que des pièces glanées de par le monde en 30 ans de reportages. de l’art populaire : sculptures, collages, masques, objets détournés, un univers inventif, drôle e t émouvant. Art singulier, art pauvre : Une exposition de Michel Maliarevsky Les pays riches sont moins riches, certains pays pauvres sont moins pauvres. […]

Entré libre

Michel Maliarevsky, photojournaliste, commente ses créations, celles de ses amis artistes ainsi que des pièces glanées de par le monde en 30 ans de reportages. de l’art populaire : sculptures, collages, masques, objets détournés, un univers inventif, drôle e t émouvant.

Art singulier, art pauvre : Une exposition de Michel Maliarevsky

Les pays riches sont moins riches, certains pays pauvres sont moins pauvres. Les pauvres des pays riches envient les nouveaux riches des pays pauvres. Certains d’entre eux s’ouvrent à l’art et d’autres, et selon leurs moyens aspirent à posséder des œuvres et même à spéculer. L’art n’est pas l’apanage des gens cultivés. Lorsqu’on découvre le musée du Quai Branly et ses chefs-d’œuvre d’art premier, on note que la plupart des objets exposés : masques, totems, sculptures, parures, ne sont pas signés. Ainsi l’art, vital pour l’espèce humaine, ne se résout pas toujours à une signature qui grimpe comme une cotation boursière. L’art reste une expérience intime et parfois douloureuse. Mozart était un « intermittent du spectacle », payé à l’œuvre, sans droits d’auteur. Gauguin a été un « paria » Verlaine, un « malade » Van Gogh, un « perturbé » tracassé par la justice. Certains artistes maudits alimentent le marché de l’art exempt d’états d’âme. Leur cote faramineuse reste indécente par rapport à leur vie tumultueuse. Jean Dubuffet, inventeur de « L’art brut » a dit : « Il faut désosser l’art jusqu’à l’os ». L’art officiel des musées reste incontournable, mais des créateurs singuliers, marginaux ou engagés contournent le circuit officiel. Dans les années 60, l’Italie invente « l’Arte povera », l’art pauvre réalisé avec des matériaux sommaires : sable, goudron, bouts de ficelles, boîtes de conserve… L’art brut, considéré comme l’apanage des « fous » et des incultes est pourtant entré dans les musées. En France : « Le facteur Cheval », Robert Tatin et « Pique-assiettes » sont devenus des références. Dans un livre remarquable : « Les bricoleurs de l’imaginaire » Francis David, photographe et écrivain débusque des artistes « sauvages » qui créent des œuvres étranges, voire foutraques chez eux ou dans leur jardin sans se soucier des normes ni des critères artistiques.

Michel Maliarevsky est photographe, journaliste, écrivain, musicien, vidéaste et amateur de bricolages et  de récupération. Parisien récemment installé à Tarbes, il a maintes fois exposé son travail crée à partir de pas grand-chose : des objets de la vie quotidienne, des rebuts ou des objets détériorés, détournés, récupérées, retravaillées selon son imaginaire influencé par la fée Fantaisie. Il a exposé une dizaine de fois et a vendu pas mal de pièces à petit prix sans chercher à se faire un nom. Son métier de reporter lui a permis de rapporter des œuvres populaires acquises à travers le monde : des pièces originales, simples ou plus sophistiquées émanant d’artisans, d’amateurs éclairés ou de créateurs talentueux provenant de pays et de cultures qu’il a découvertes et racontées dans ses articles. Il a également amassé une collection acquise lorsque les artistes n’ont pas les moyens d’acheter et pratiquent l’échange. Ce troc lui a permis d’acquérir des pièces de créateurs  qui ont depuis fait leur chemin et d’autres qui sont restés modestes et anonymes. Ainsi, il a imagné une exposition constituée d’une centaine de pièces : art populaire, art singulier, art pauvre, « art de récup ». Une moitié provient de ses propres créations, l’autre nous fait voyager en Afrique, dans les Amériques, en Asie, en Océanie et en Europe. La plupart des contributeurs peu au fait du commerce de l’art souhaitent simplement vivre de leur travail en s’amusant sans imaginer qu’il seront exposés. Le poète romantique allemand Novalis a écrit : « Chaque être qui naît recommence l’histoire du monde. » Nulle arrogance dans cette phrase, mais plutôt une belle espérance : Que chacun s’exprime, selon ses moyens, bruts, pauvres ou singuliers et inventent leur monde sans se soucier de l’art géré par des mécènes et un public fervent, mais également par des marchands, des receleurs et des spéculateurs. Les Nazis ont décrété l’existence d’un « Art dégénéré » qui ne correspondait pas aux critères éthiques et moraux du nazisme. Y figuraient des références de la peinture contemporaine. Cette exposition ne revendique aucune légitimité artistique au sens noble , elle interroge sur des valeurs telles que le beau, l’utile, la valeur, le mérite et nous renvoie à notre société bling-bling de plus en plus liberticide et dévalorisante pour les « petits ». C’est une balade festive et surprenante qui illustre cet adage anglais : « Small is beautiful ! » : « Le petit est beau ! »

Cette exposition fera l’objet d’une causerie conférence avec projection de certaines œuvres exposées dont l’acquisition repose sur de nombreuses anecdotes glanées lors de reportages et de voyages à travers le monde qu’il a effectué pour GEO, le Monde, Le Figaro , Grands Reportages, l’Express, Télérama…etc

L’auteur a également publié une dizaine de livres, textes et photo. Notamment sur les îles du monde, les arbres du monde, les vitraux des cathédrales ou encore les cimetières.