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CHRONIQUE HIMALAYENNE LES JOURS DE TARAP de Hervé Tiberghien

CAC Vendredi 13 février  20h30 Entrée 9€ et 6€ Dans son livre « Tarap, une vallée dans l’Himalaya », l’ethnologue Corneille Jest s’interrogeait du devenir à court terme d’une petite communauté montagnarde isolée au cœur du Dolpo népalais. L’auteur croyait à son inévitable « mort culturelle ». 50 ans après, dans l’écho de son ouvrage, je rejoins la « vallée […]

CAC Vendredi 13 février  20h30 Entrée 9€ et 6€ Dans son livre « Tarap, une vallée dans l’Himalaya », l’ethnologue Corneille Jest s’interrogeait du devenir à court terme d’une petite communauté montagnarde isolée au cœur du Dolpo népalais. L’auteur croyait à son inévitable « mort culturelle ». 50 ans après, dans l’écho de son ouvrage, je rejoins la « vallée aux chevaux excellents ». Là, entre 4000 et 5000 m, au sein d’une nature sacralisée, les tarapas cherchent leur voie entre tradition et modernité. A l’heure où nos sociétés doutent de leur finalité, interroger l’une des dernières cultures traditionnelles de l’Himalaya, écouter et entendre ce qu’elle nous dit, telle est la raison d’être de ce documentaire.

Tout commence par une rencontre, celle d’un livre ancien* : »tarap, une vallée dans l’himalaya », le portrait d’une petite communauté montagnarde isolée au cœur du Dolpo népalais et de son chef spirituel : lama Kagar Rimpoche. Dans une ou deux générations, que deviendra l’homme du Dolpo ? S’interrogeait l’auteur et ethnologue qui croyait à son inévitable « mort culturelle ».

Les rencontres dessinent des chemins, pour moi se fut le chemin de Tarap. 50 ans après Corneille Jest, dans l’écho de son ouvrage, je rejoins la « vallée aux chevaux excellents », quatre mois d’immersion dans un monde entre deux mondes. Là croît le yartsa-gumba, étrange créature mi insecte mi végétal, manne couleur d’or dont la cueillette est source de mieux être et facteur d’acculturation. Là, chevaux et yaks côtoient les hélicoptères. Les lamas en Ray Ban perpétuent des rites millénaires. Là, se dresse « une école sur le toit du monde » comme un rempart contre la menace d’une disparition. Là, les touristes passent et meurent parfois.

Entre 4000 et 5000 m au sein d’une nature sacralisée, une communauté cherche sa voie entre tradition et modernité. Rigzim le professeur de tibétain, Gyalbo l’étudiant, Wangmo l’infirmière, Pema Amchi le médecin traditionnel, Urgen le lama, Marie-Claire la fondatrice de l’école, Tutsim l’arrière grand mère, Bhim le businessman, chacun d’entre eux nous accompagne un instant. Nous suivons le pèlerinage Budhhari et le retour des caravanes. Nous assistons aux travaux des champs, à la construction des temples, aux réunions villageoises et aux rituels qui scandent le quotidien.

En septembre, je suis convié à un évènement extraordinaire: l’intronisation du nouveau Kagar Rimpoche, dont le prédécesseur est mort en 1968. C’est l’occasion de cérémonies, de danses, de bénédictions et d’échanges avec les dignitaires bouddhistes qui l’accompagnent.

Enfin, je tends le livre à Kagar Rimpoche, ce geste met un terme à 50 ans d’absence, le livre revient à la source, il est rendu à son sujet, Corneille et Kagar se retrouvent par-delà le temps et l’espace, une boucle se referme. L’ancien Kagar était né l’année du lièvre de fer en 1891, et aujourd’hui je remets le livre à son successeur en septembre de l’année du lièvre de fer.

Alors que chacun y voit la juste ordonnance des choses, je m’interroge sur notre liberté individuelle et sur la notion d’interdépendance qui structure la culture tibétaine toute entière.