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Vallées d’Aure et du Louron, Pays d’art et d’histoire

Par Jean-Luc Morinière, raconteur de pays. CAC 20h30 En partenariat avec Les amis du Parc National. Initiateur de l’association Mémoire des Vallées, agrégé de géographie, Jean-Luc Morinière, angevin de naissance a été subjugué par la beauté des montagnes et fasciné par les gens qui vivent là-haut. Il a appris au contact des bergers, ces micro-géographes qui […]

Par Jean-Luc Morinière, raconteur de pays.

CAC 20h30

En partenariat avec Les amis du Parc National.

Initiateur de l’association Mémoire des Vallées, agrégé de géographie, Jean-Luc Morinière, angevin de naissance a été subjugué par la beauté des montagnes et fasciné par les gens qui vivent là-haut. Il a appris au contact des bergers, ces micro-géographes qui lui ont raconté tout ce patrimoine. Son rôle a été essentiel dans le processus d’obtention du label de Pays d’art et d’histoire octroyé aux vallées d’Aure et du Louron par le ministère de la culture.

Les vallées d’Aure et du Louron présentent un patrimoine riche et varié. Elles ont su garder une authenticité très marquée à la fois dans les paysages, dans l’architecture caractéristique du milieu montagnard, et dans les savoir-faire séculiers.

Le patrimoine naturel et paysager

L’érosion glaciaire a modelé ce paysage où alternent gorges et plaines se glissant entre les hautes montagnes. Au pied de sommets de plus de 3 000 mètres, les vallées d’Aure et du Louron se déploient ainsi dans une belle homogénéité où s’harmonisent les forêts, les estives à l’herbe grasse où pâturent les troupeaux, et un habitat perché aux maisons couvertes d’ardoise. Ici, faune et flore sont d’une richesse remarquable, avec des espèces rares à protéger comme l’isard, le gypaète barbu, le desman, l’androsace et l’aster des Pyrénées. L’eau est partout, en abondance, depuis les plus hauts sommets jusqu’aux fontaines des villages.

Le patrimoine architectural (civil et religieux)

Chaque village et bourg, bâti au pied des versants ou à mi-versant, offre au regard un art de bâtir local exceptionnel où se distinguent porches et portails, façades, cours, galeries, capucines, etc. Les maisons, les fermes et les granges foraines (véritable patrimoine culturel et pastoral) sont bâties avec des matériaux locaux : les forêts d’altitude ont en effet fourni le bois ; des carrières, ont été extraits la pierre, le marbre et l’ardoise ; et les torrents ont donné le sable pour les enduits. Les bourgs (Arreau, Sarrancolin, Ancizan, Guchen), avec leur architecture quasi-urbaine, témoignent du commerce et de la manufacture de la laine, ainsi que des foires et marchés qui firent prospérer l’économie locale dès le XVIe siècle. Les nombreuses églises romanes, avec leur abside semi-circulaire et la présence fréquente d’un tympan-chrisme, présentent de splendides peintures murales réalisées au XVIe siècle. De plus, suite à la contre-réforme, les églises ont été également dotées de magnifiques retables, la plupart réalisée par une famille locale de sculpteurs : les Ferrère. Enfin, bien que naturellement protégé par ses montagnes, ce territoire s’est doté dès le Xe siècle de tours de guet et de châteaux assurant la protection des vallées.

Le patrimoine des savoir-faire et des « compétences de pays »

Chacune des activités façonne les vallées depuis des siècles. Ces savoir-faire ont trait au pastoralisme, à l’exploitation des forêts et du bois ou encore au travail de la pierre, à la maîtrise de l’eau. Aujourd’hui encore, ces compétences de Pays perpétuent les traditions locales ou inventent de nouvelles façons de faire, propres aux vallées d’Aure et du Louron. Enfin, le « gascon des vallées » présent dans les noms de lieux, dans les dictons, dans les chansons, contribue également à la connaissance du Pays. Du pyrénéisme « nature » au pyrénéisme « culture » en vallées d’Aure et du Louron.

L’image des Hautes-Pyrénées a été longtemps affichée aux couleurs des grands sites naturels à l’intention des passionnés de randonnées, d’escalade et de glisse.

C’était la belle époque du pyrénéisme, des sanctuaires préservés comme ceux du massif du Néouvielle en Aure et du Batchimale, de Clarabide et des Gourgs Blancs au Louron.

Aujourd’hui encore, dans l’écologie ambiante, les monts de la « frontière sauvage » attirent toujours les « conquérants de l’inutile », les adeptes de l’au-dessus de tout.

Mais en même temps se dégage une tendance à une approche culturelle des vallées et de leurs terroirs tandis que les habitants eux-mêmes sont en recherche d’identité de « pays » pyrénéen. Des lieux de mémoire et des évènements culturels favorisent cette démarche.

Les vallées d’Aure et du Louron semblent particulièrement concernées par ce passage du naturel au culturel ;au point d’avoir été retenues par le Ministère de la Culture parmi la cinquantaine de Pays d’Art et d’Histoire.

Jean- Luc Morinière qui a beaucoup œuvré à la mise en mouvement de ce Pats d’Art et d’Histoire, évoque cette évolution des vallées d’Aure et du Louron. Curieusement, son itinéraire personnel, d’Aure en Louron, l’a entraîné à faire aussi le pas d’une première approche « nature » de la montagne, côté sommets, à une rencontre culturelle côté vallée. Ayant passé toutes se vacances de jeunesse en Aure, par monts plutôt que par vaux, il habite en vallée du Louron depuis une trentaine d’années. Il s’est engagé dans le développement valléen et la valorisation du patrimoine.

Itinéraires, depuis la pleine nature pyrénéenne à une riche culture de montagne. Évolution des centres d’intérêt, depuis les monts superbes que chacun peut s’offrir de multiples manières, jusqu’à partager l’existence en vallées de villages.

De dessus en débat, mais où commencent les monts, où finissent les vallées ?

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